BIOGRAPHIE D’ÅSA LIE ET JADRAN STURM

Åsa Lie (1959-) est née à Stockholm en Suède et elle est de nationalité norvégienne. Elle a grandi en Egypte, aux Pays-Bas, Venezuela, Angleterre, Suède et Norvège. Elle a étudié les sciences politiques à Tønsberg, Norvège. Entre 1983 et 1985, elle a étudié l’orfèvrerie à Oslo, Norvège. En 1985, Åsa a déménagé à Stockholm, Suède, pour étudier la sculpture à Konstfack, Université des Arts, Artisanats et Design. Elle obtient le bachelier et le master en Arts en 1990.

Jadran Sturm (1957-2019) est né à Idrija en Yougoslavie (aujourd’hui Slovénie). Il a grandi dans la ville minière d’Idrija et déménagé à Ljubljana en 1973 pour étudier l’ingénierie technique. A partir de 1975 il a beaucoup voyagé à travers l’Europe et déménagé en Suède en 1981, où il a commencé ses études d’arts à l’école d’art Ålsta. Entre 1985 et 1990, il étudie la peinture (Bachelier et Master) à Konstfack, Université des Arts, Artisanats et Design.

Åsa Lie et Jadran Sturm se sont rencontré·es en 1988 alors qu’iels étudiaient à Konstfack. Tous deux expérimentaient avec des médiums multiples — performance, installation, vidéo, texte et art dans l’espace public. Ensemble, iels ont organisé des projections de films, des conférences de philosophie et des performances collectives.

Leur première exposition personnelle en duo a eu lieu en 1989 à la Galleri Project, à Stockholm, où iels ont présenté l’œuvre Arbete (Work) – Consulting on Mathematics, Time & Space, composée d’un film super-8, de sculptures et d’un livre d’artiste. Les visiteur·euse·s étaient invité·e·s à réfléchir à des concepts mathématiques, tels que la géométrie et l’algèbre, et à interroger la place du travail dans la vie. Il s’agissait de leur première œuvre majeure, marquant le début de leur collaboration pluridisciplinaire et conceptuelle.

En 1990, leur deuxième œuvre majeure fut Researching the Visibility of Invisible Matter, , consistant en un texte sur leurs intentions. Celui-ci a été imprimé dans le catalogue et présenté dans l’exposition au Liberty Park Art Center, à Athènes (Grèce). La même année, iels ont créé l’installation Politics, The Sun and Noise à l’Overgaden Art Center, à Copenhague (Danemark) : une œuvre in situ composée de câbles entrecroisés reliant des îlots sculpturaux, mêlant projections, écrans et sources sonores enregistrées et filmées à Athènes, Stockholm et Copenhague. L’une des sources sonores utilisait les oiseaux migrateurs comme métaphore de la migration au sens large, symbolisant le déplacement des personnes, des biens et la circulation des idées. L’exposition comprenait également une annonce proposant d’échanger leur appartement loué à Stockholm contre un logement à Copenhague — à la suite de quoi Åsa et Jadran ont déménagé au Danemark en 1990. Cette œuvre illustre la manière dont le duo mêlait sa vie personnelle et domestique à des conditions extérieures, politiques et historiques.

En 1991, iels se rendent à Kalaallit Nunnat (Groenland) pour une résidence de deux mois à Qaqortoq, via le programme d’échange des Arts Nordiques. De cette expérience résulte le collage photographique et textuel 61 days proceeding, sociological performance. A leur retour à Copenhague, leur fille naît en Novembre 1991.

De 1991 à 1993, iels voyagent de multiples fois à Athènes en Grèce tout en travaillant sur leur projet artistique et livre Panagia Gorgeopikoos. Il fut exposé et publié pour la première fois en 2021 - 28 années plus tard - avec le soutien du département de la culture, la jeunesse et les médias de Flandres. Panagia Gorgeopikoos est une petite église Byzantine du 12e siècle dans le centre d’Athènes, présentant des reliefs en pierre issus de différentes périodes et cultures sur une période de 1500 ans. Åsa Lie et Jadran Sturm ont effectué des recherches sur l’histoire et le contexte de cette église, rassemblant des enregistrements sonores, des films, des photographies et des entretiens. Dans l’un de leurs textes, ils comparent l’empire byzantin à l’union européenne, entités multilingues et multi-ethniques. Une fois prêt, le livre a été envoyé à des éditeurs qui l’ont rejeté au motif qu’il n’était “pas assez scientifique” pour le monde académique et “pas assez artistique” pour le monde de l’art.

En 1992, iels se rendent à Bruxelles pour la première fois, avant de s’y installer définitivement en 1994. Durant les années 1990 et au début des années 2000, iels se sont connecté·es à la scène artistique belge, aux artistes, aux espaces autogérés, aux commissaires et aux galeristes. Cette période a donné lieu à des collaborations et des expositions dans des lieux tels que Beursschouwburg, Établissement d’en face / Commitment bkSM, L’Observatoire-Galerie, Moving Art Studio, ExtraCity, Factor44, Le Bureau du port / Patacyclistes, Café Dolle Mol, BRXL Bravo. Iels ont participé à Het Boudewijn Experiment (2001, Atomium) avec un document sur les performances officielles versus non officielles, et à 68 IT’S REVOLUTION (2008, Bozar) avec POLITIX + BIZNESS = NO, en réponse à la crise financière mondiale de 2007-2008.

Leur première exposition personnelle en Belgique (1996) a eu lieu à la Galerie OH! – Stichting Kunstbevordering v.z.w., à Bruxelles (curateur: Philippe Braem), sous le titre E42, E.U.R. Vita Elementari. Cette installation est un portrait de la banlieue sud EUR à Rome, en Italie. Elle explore ce quartier résidentiel, quartier d’affaire et zone administrative, telle qu’il était dans les années 1990

Public Intimacy: projet d’annonces publicitaires (1990-2002)
Au début des années 1990s, iels ont entamé leur projet Public Intimacy, publiant des invitations personnelles et conceptuelles et des oeuvres d’art dans des journaux et magazines tels que  La Voix de LuxembourgFinancial Times, et De Witte Raaf. Cela leur a permis d’exposer de manière autonome et de toucher un public plus large, au-delà des institutions d’art traditionnelles. En 1997, iels ont publié une invitation conceptuelle à Information Curve dans De Witte Raaf, invitant les lecteurs à choisir des œuvres dans une liste de sept titres, qu’ils ont présentée dans leur salon. 

Public Intimacy: Projet d’entretiens (1999-2004)
La seconde partie de Public Intimacy consistait en entretiens oraux avec des professionnel.le.S qui les intriguaient, tels que le peintre norvégien Odd Nerdrum, l’actrice espagnole et réalistrice Lina Romay, le réalisateur espagnol, compositeur et acteur Jesús Franco, le directeur de théâtre juif Tuvia Tenenbom, et l’architecte italien Massimiliano Fukses. Chaque entretien explorer 3 sujets centraux dans la pratique de leur propre duo.

Public Intimacy: UPP – Unofficial Performance Project (1994–2014)
A partir de 1994, Åsa et Jadran ont fait une série d’interventions/ performances visibles ou invisibles, planifiées ou improvisées, dans les espaces publics, expositions et foires d’art, sans invitation formelle ou accord. En 2001 iels ont publié une déclaration satirique sur UPP, distribuée à Het Boudewijn Experiment (Atomium, Bruxelles). Au cours des années passées, iels ont performé UPPs dans l’espace public et dans des lieux tels que Café Europa (Copenhague), Manifesta 2 (Luxembourg), ArtBrussels 2002, la galerie Torch (Amsterdam), la galerie Jay Jopling/White Cube (Londres), et la galerie Mot & Van Den Boogaard (Bruxelles). 

Public Intimacy: UPP – Unofficial Performance Project (1994–2014)
As of 1994, Åsa and Jadran did a series of visible or invisible, planned or improvised interventions / performances in public spaces, exhibitions and art fairs, without formal invitation or approval. In 2001 they published a satirical statement on UPP given as a handout at Het Boudewijn Experiment (Atomium, Brussels). Over the years, they performed UPPs in public space and venues such as Café Europa (Copenhagen), Manifesta 2 (Luxembourg), ArtBrussels 2002, Gallery Torch (Amsterdam), Gallery Jay Jopling/White Cube (London), and Gallery Mot & Van Den Boogaard (Brussels). An example is the performance In art dogs eat dogs or Mr. Clean knows how to fight dirty which questions the exclusivity and competition of the art world. 

En 2001, Åsa Lie a créé le site web www.sturm-lie.be pour rendre accessible en ligne une archive de leur travail, indépendante du marché de l’art. Ce site web est en ce moment (2025) en reconstruction et sera déplacé à www.asaliejadransturm.com.

La Fondation Privée Jadran Sturm & Åsa Lie a été fondée en 2016 pour préserver leur oeuvre commune. En 2017, l’exposition 1989–2017 à la Galerie Stephanie Jaax, Bruxelles, a marqué la transition de leur pratique en duo vers une pratique individuelle, montrant la documentation de Arbete (1989) et Northern Light (2006), avec de nouvelles oeuvres de chacun des deux artistes.

Jadran Sturm est décédé en 2019 après une lutte de plusieurs années contre le cancer. En 2020, l’exposition Did you kiss the spot to make it well, A tribute to Jadran Sturm (1957–2019) a été organisée par Åsa, Merzedes et Lotte Beckwé et a eu lieu à Des Esseintes, Hoeilaart, BE. Elle présentait les dernières oeuvres de Jadran.

En 2024 la Fondation Jadran Sturm & Åsa Lie a reçu un généreux subside du déparement de la culture flamand au sein du Projet Pilote - Héritage et legs artistique (Pilootprojecten Nalatenschappen Kunstenerfgoed). Voici un lien pour avoir plus d’informations sur ce projet. Les partenaires de ce projet sont M HKA – CKV Centre Flamand pour les Archives Artistiques, AMVB – Archive et Musée pour la vie Flamande à Bruxelles et Jubilee – plateforme de recherche artistique.

Avec sa fille et artiste Merzedes Sturm-Lie, Åsa Lie continue comme co-fondatrice de cette fondation, préservant l’archive et l’oeuvre tout en poursuivant sa propre pratique artistique.