RESEARCHING THE VISIBILITY OF INVISIBLE MATTER
(Recherche sur la visibilité de la matière invisible)
Centre d’art Liberty Park, Athènes, Grèce. Affiche avec texte, performances-actions à Athènes et dans l’Attique. Exposition collective organisée par Vassil Simiettchiev, professeur à Åsa.
Nous faisons des recherches sur la visibilité de la matière invisible et des repérages. Nous voyons ces projets comme une forme d'intimité publique. Ce qui implique que nous n'annonçons aucun lieu ni aucune heure, et qu'il n'y a pas de médiation ni de documentation. L'œuvre dure du 12 au 26 mai 1990 à Athènes et en Attique. Ecrit 25 / 03 / 1990. Stockholm. Åsa Lie. Jadran Sturm. Traduit par Mélanie Weill
L'affiche a été imprimée sur les pages centrales du catalogue d’exposition, et accrochée sur le mur représentant leur participation dans l’exposition collective ‘Nouveaux artistes suédois’. Pendant cette résidence de deux semaines autour de l’événement, Åsa et Jadran ont fait exactement ce qui est décrit dans le texte.
MERZEDES STURM-LIE (ARTISTE) EN CONVERSATION AVEC SA MERE ÅSA LIE. BRUXELLES, 12 AFÉVRIER 2025
Merzedes Sturm-Lie: Quand tu dis matière invisible, qu’est-ce que tu veux dire? Est-ce que c’est quelque chose qui vous inclut tous deux, ou bien il s’agit plutôt de choses qui se passent dans la ville ?
Åsa Lie: Researching the visibility of invisible matter est une œuvre qui évoque la tentative pour attraper quelque chose d’au-delà de l’immédiat ou du connu.
MSL: Est-ce que tu penses que cet intérêt pour la matière invisible, ou pour le fait de rendre visible l’invisible, est relié à ton background? Ou bien à la manière dont vous vous sentiez à l’époque?
ÅL: Peut-être. On voulait indiquer que les artistes n’ont pas nécessairement besoin d’être aussi concrets, ni de travailler sur des objets physiques. Donc je suppose qu’on exprimait un besoin qu’on avait alors. Ca signifiait qu’on voulait se focaliser davantage sur le transitoire, l’impermanent. L'idée de "repérage" (scouting) a ajouté un côté plus joueur, tu sais, toujours préparé, he he. On a utilisé ce mot parce qu’il signifiait qu’on regardait, qu’on cherchait. D’une certaine manière, c’est la vie même, surtout si tu veux faire ton propre chemin, contredire ou… sortir d’une bulle.
Quand on est adolescent dans les années 70, cela influence notre art et notre vie, c’est une période où politiquement il y a eu beaucoup d’idées critique autour de la consommation, comment utiliser moins de choses, ne pas avoir de voiture mais plutôt un vélo. Des alternatives. Do it yourself. Partage. Et les années 70 c’est aussi une scène artistique assez radicale comparé au années 80 avec l’arrivée du VIH et du SIDA et des yuppies, ce qui a créé un environnement plus conservateur.
Åsa Lie avec Merzedes Sturm-Lie dans les archives de la Jadran Sturm & Åsa Lie Private Foundation, Février 2025