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Detail of Pyramids
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PYRAMIDS

(Pyramides)
De Jadran Sturm, 1988-89. Stockholm, Suède.
Installation avec 9 sculptures de sel, sucre, marbre, cuivre, laiton, zinc, bronze et métal.

Jadran était fasciné par les pyramides mésoaméricaines et incas, et il a construit ces sculptures avec des matériaux choisis pour leur signification alchimique et symbolique. Cinq des sculptures étaient une combinaison de métal, sel et sucre. Les quatre autres étaient; l’une faite de cubes de sucre, l’une de cubes en marbre et deux moulées en métal. 

Les sculptures ont été exposées ensemble, agencées sur le sol. Sur un mur proche, les douze peintures Labyrinths ont été exposées. Durant cette période, Jadran a aussi écrit plusieurs textes en relation aux thèmes présents dans ses œuvres Pyramids et Labyrinths.

 

SIMON DELOBEL (HISTORIEN DE L’ART, CURATEUR & DIRECTEUR DE KIOSK GAND) EN DIALOGUE AVEC ÅSA LIE. BRUXELLES, 28 FÉVRIER 2025

Simon Delobel : Je suis curieux du rapport entre le corps et l’intimité dans votre travail. J’ai été frappé par une image dans ta cuisine, où l’on voit deux personnes nues sur un lit, proches l’une de l’autre, en cuillère. On ne voit pas leur visage, mais je suppose que c’est toi et ton mari ? J’ai aussi pensé à la manière dont vous vous représentez. Je sais que toi et Jadran avez commencé séparément en tant qu’artistes. Tu as fait cette sculpture, Le Cube, qui a été amenée dans l’espace public, et ses dimensions sont basées sur la taille de ton propre corps. Certains artistes créent des œuvres gigantesques, tandis que d’autres restent à l’échelle du corps humain, ou préfèrent ne pas aller au-delà.

Åsa Lie: Oui, exactement. Avant que nous travaillions ensemble, et également dans notre travail en duo, nous sommes toujours restés à une échelle humaine. Quasiment toutes nos œuvres sont lisibles et accessibles par l’être humain. Pas monumentales. Si l’on parle du corps, oh, il y a beaucoup de choses à dire. Jadran a écrit à ce sujet avant qu’on se rencontre, mais c’est difficile de traduire du Suédois. Je vais essayer.

..chair à méta-chair
chair à chair existe en dehors de ce qu’on appelle chair
la chair n’est… pas de la matière
une aliénation de chair à chair n’est pas forcée de se produire
elle n’existe pas ici ou là
elle est ici et ici…

SD: Ça parle de présence, au fond.

ÅL: Oui… la maîtresse parfaite

SD: La maîtresse parfaite ?

ÅL: Oui.
...amour parfait dans une solitude un vide sans bornes
toujours confronté à lui-même pensées infidèles
C’est la dernière phrase.

SD: C’est un poème ?

ÅL: Oui en quelque sorte. Une réflexion sur le corps. Il y a un côté conceptuel, comme dans The Cube, l’idée d’une unité de différences. Non pas seulement l’unité d’un corps en lui-même, mais une expérience partagée. Pour moi, il y a aussi un aspect architectural.

SD: Le corps est une architecture.

ÅL: Exactement, puisqu’on parle de corps et d’architecture… Lorsque nous nous sommes rencontrés, il travaillait sur différents types de pyramides. C’est intéressant que tous deux nous travaillions avec les formes géométriques et les structures. Nous étions attirés par l’intime, mais aussi l’architectural. Donc nous avons travaillé ces choses séparément, et plus tard, à travers notre coopération, ça s’est transformé en autre chose.

 

 

 

 

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